Danis Bois

Je suis Docteur en sciences sociales et professeur titulaire d’une agrégation en psychopédagogie à l’Université Fernando Pessoa (Porto). Pendant 15 ans, j’ai dirigé le Centre d’Etudes et de Recherches Appliquées en Psychopédagogie de la Perception (le CERAP)

J’ai instauré la méditation guidée verbalement dans le cadre universitaire au tout début des années 2000.

A l’époque, cette initiative paraissait pour le moins audacieuse, la méditation n’avait pas encore acquis ses lettres de noblesse dans ce milieu. Tous les matins, je commençais les cours par une méditation guidée pour optimiser les performances cognitives des étudiants et éveiller la fibre humaine et sensible chez chacun d’eux. En procédant de cette manière, je rompais avec les coutumes ancestrales où les Maitres indiens que je côtoyais dans les années 80 animaient des méditations silencieuses. On s’installait dans la posture du lotus, le dos en rectitude et nous plongions dans le silence sans aucune intervention verbale de la part de notre guide. Finalement, on percevait l’absolu, ou on ne le percevait pas.

Petite rétrospective

Dans ces années, j’animais des méditations auprès des groupes que je formais en fasciathérapie. Naturellement influencé par mes séjours en Inde, j’adoptais le silence comme support à la méditation. A travers lui circulait une énergie en mouvement qui éveillait la fibre sensible du méditant en herbe. Du moins, je le pensais, persuadé que les étudiants vivaient ce que je vivais. Il me fallut un certain temps pour me rendre compte que la grande majorité d’entre-eux ne sentait pas grand-chose et attendait impatiemment que la corvée matinale s’arrête. 

Pour remédier à cette situation, je décidai de procéder autrement : j’introduisis le guidage verbal sous la forme de consignes qui me venaient à l’esprit spontanément. En fait, je me contentais de socialiser verbalement les pensées et sentiments qui venaient à ma conscience pendant la méditation. 

Je décrivais à voix haute l’expérience du moment et offrais ainsi une visite commentée de tout un panel de sensations disponibles à la conscience collective (sensations de chaleur, de profondeur, de globalité, de présence à soi, de sentiment d’exister, de calme, de tranquillité, de confiance et de présence du mouvement interne). Cela permettait à certains de faire des rapprochements avec leur propre expérience. Au fil du temps, le guidage verbal s’enrichissait de toute une panoplie de consignes dont chacune remplissait une fonction bien déterminée dans l’animation de la méditation. 

La pratique de la méditation que j’enseigne, aujourd’hui, avant de prendre le nom de pleine présence, s’appelait « introspection sensorielle » pour deux raisons : le terme méditation était à l’époque tabou dans le milieu universitaire et sa dénomination était représentative de la place que tenait la perception dans notre pratique méditative. 

La notion de pleine présence s’est imposée progressivement pour mettre en avant la dimension relationnelle de la pratique introspective. Simultanément, cette mutation était accompagnée de la réflexion suivante : Comment simplifier la pratique de la méditation et en filigrane, comment la rendre accessible au plus grand nombre. La méditation que je proposais était impliquante et demandait certaines prédispositions cognitive, perceptive et relationnelle d’un niveau élevé. Notre méditation s’adressait à une élite et j’en étais désolé.

Au fil du temps, la présence allait devenir le pôle central de mes recherches universitaires. Si les symptômes du mal-être sont depuis longtemps bien répertoriés, par contre, les symptômes qui accompagnent le manque de présence à soi sont moins connus, comme par exemple le fait de s’ennuyer avec soi-même dès que l’on se retrouve seul ou le fait de s’ennuyer avec le temps présent faute de l’habiter vraiment, avec l’impression étrange parfois d’être en retard ou en avance par rapport à la vie. Que de rendez-vous manqués finalement…

Je prenais conscience des difficultés que certaines personnes éprouvaient dans leur pratique de la méditation : s’asseoir vingt minutes dans un fauteuil, fermer les yeux, adopter une posture immobile et relâchée, et garder le silence sont les meilleures conditions pour mettre le cerveau au repos. Pourtant cette situation de repos déclenchait chez certaines personnes des réactions désagréables (vécu émotionnel, pensées négatives, ennui ou anxiété). En réponse à cette problématique, je créais une pédagogie du pas à pas (step by step)

La progressivité des quatres étapes de la pédagogie du pas à pas

Step 1

Destiné à la réalisation de tâches objectives comme par exemple respirer lentement et amplement en partant de l’abdomen, puis du thorax, etc.

Step 2

Prend en compte les effets objectifs liés à l’action menée. Dans ce cadre, ressentir est davantage impliquant que faire un exercice.

Step 3

Sollicite les prises de conscience et les changements d’attitude. Cette étape implique des capacités cognitives, psychologiques et des intelligences multiples élaborées.

Step 4

Tend vers plus de chaleur humaine et de hauteur. Sollicite une discipline de vie et une éthique en conformité avec les valeurs portées et les actions menées.

Méditation animée par Danis Bois et Guy Corneau

Ce site est pour moi l’occasion de partager mon expérience de la méditation et d’aborder les spécificités de la méditation pleine présence : de quelle conscience parlons-nous ? De quelle présence parlons-nous ? Quelle est la place de la perception, de la sensorialité ? Que signifie la notion « pleine » dans le contexte de la méditation ?  A travers les pratiques méditatives hebdomadaires, le programme d’optimisation de l’estime de soi et de la bienveillance et les master class, je vous invite à pénétrer au centre des pratiques de méditation, à découvrir l’arrière scène du déroulé pédagogique qui se déploie selon la dernière innovation de la pleine présence : le Full-Presence Educational Process et le programme qui lui est associé : Step By Step.

A travers leur ouvrage, Isabelle et Danis expliquent les grandes étapes de la méditation et de son rapport à l’humain, du nécessaire besoin de silence pour se reconnecter à soi dans un monde de frénésie, de violence, d’angoisses générées par les peurs. La méditation pleine présence est précieuse car elle peut faire progresser chacune et chacun dans sa manière d’être avec soi, avec autrui et avec le monde.

Pierre Rabhi (extrait de la préface du livre)